En Inde, Hollande assure que la France ne reculera pas devant la menace terroriste

Rencontre Modi-Hollande en Inde

Rencontre Modi-Hollande en Inde

François Hollande a assuré lundi depuis l’Inde que la France ne se laisserait pas intimider par les menaces après la diffusion d’une vidéo attribuée à l’organisation Etat islamique (EI) mettant en scène les auteurs des attentats du 13 novembre.
La coopération antiterroriste devrait occuper une large part de l’entretien entre le président français et le Premier ministre indien Narendra Modi à la mi-journée à New Delhi, au deuxième jour d’une visite d’Etat marquée également par les incertitudes sur la vente de Rafale.
“Rien ne nous effraiera, aucune menace ne fera douter la France sur ce qu’elle a à faire dans le combat contre le terrorisme”, a dit M. Hollande en marge de la cérémonie officielle d’accueil au palais présidentiel. “Ces images ne font que disqualifier les auteurs de ces crimes”.
La vidéo publiée dimanche met en scène de façon posthume les neuf auteurs des attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris, montrant la plupart d’entre eux en train de procéder à des décapitations. Elle passe sous silence la participation d’un dixième, Salah Abdeslam, en fuite.
Elle profère des menaces contre les dirigeants des pays participant à la coalition antijihadiste conduite depuis septembre 2014 par les Etats-Unis contre l’EI en Syrie et en Irak. François Hollande et Manuel Valls apparaissent ainsi la tête visée par une cible, tout comme le Premier ministre britannique David Cameron.
Le président français a souligné que des “menaces” pèsent tant sur la France que l’Inde, récemment visée par l’attaque meurtrière d’une base aérienne proche de la frontière avec le Pakistan attribuée à un groupe islamiste basé au Pakistan.
“Nous devons faire face et c’est ce que nous allons une fois encore décider en renforçant notre partenariat stratégique”, a poursuivi M. Hollande en référence au partenariat conclu en 1998.
Outre la lutte antiterroriste, Modi et Hollande discuteront de la vente de 36 avions de chasse de Dassault dont le Premier ministre indien avait passé commande lors d’une visite à Paris en avril 2015.
François Hollande a prévenu dimanche que cette vente passerait par la conclusion d’un “accord intergouvernemental” avant tout “contrat commercial” que devra négocier Dassault. Ce qui repousse la perspective d’une vente rapide de l’appareil que l’avionneur français a déjà commercialisé l’an dernier en Egypte et au Qatar.
Le montant de ce contrat est estimé à plusieurs milliards d’euros. Le prix et le niveau d’équipement des avions sont les deux points d’achoppement. Les tractations sur la vente de l?avion de combat français à l’Inde constituent depuis des années le fil rouge des relations entre les deux pays.
- Alliance solaire -
Accompagné d’une importante délégation de chefs d’entreprises, M. Hollande a souhaité renforcer les échanges économiques avec l’Inde, rare grand pays à afficher une croissance de plus de 7%. Il a fixé un objectif d’un milliard de dollars d’investissements supplémentaires par an pour les entreprises françaises en Inde.
Dans la droite ligne d’un partenariat ancien, l’Inde et la France devraient annoncer un renforcement de leur coopération spatiale, en particulier dans la surveillance du climat, un domaine crucial pour l’agriculture indienne.
Les dirigeants indien et français entendent par ailleurs montrer leur volonté d’avancer en matière de lutte contre le réchauffement climatique après que le chef de l’Etat français eut salué l’engagement de l’Inde, quatrième émetteur mondial de gaz à effets de serre, lors de la conférence de Paris en décembre.
Ils vont inaugurer ensemble en banlieue de New Delhi le siège de l’Alliance solaire internationale, regroupant 121 pays à fort ensoleillement qui veulent coopérer pour réduire le coût du financement et des technologies solaires.
L’Inde veut montrer la voie, avec un objectif de 100 gigawatts de capacités solaires en 2022, contre 4 aujourd’hui.
New Delhi a promis de réduire de 35% son intensité carbone d’ici 2030 et de générer 40% de son électricité à partir d’énergies renouvelables à cet horizon. Le géant asiatique prévoit cependant de doubler sa production de charbon d’ici 2020 pour approvisionner en électricité les 300 millions d’Indiens qui en sont toujours dépourvus.

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