La Chine fait transiter son commerce par le Pakistan

Port-Gwadar-au-Baloutchistan-pakistanais

Port-Gwadar-au-Baloutchistan-pakistanais

Le Baloutchistan pakistanais se prend à rêver de richesses, d’emplois, bref de développement, depuis que la Chine a lancé le projet de faire passer une partie de son trafic commercial par voie terrestre. Un investissement «à la chinoise» s’élevant à 46 milliards de dollars mais qui impose un retour au calme dans une région qui rêve d’indépendance.

Le Baloutchistan est un immense territoire qui s’étend du détroit d’Ormuz à l’Ouest, à l’embouchure de l’Indus à l’Est, sur une bande large de 500 km environ. Le peuple baloutche est présent en Iran, Afghanistan et Pakistan.

Au Pakistan, le Baloutchistan représente 43% du territoire, dans le sud-ouest du pays. Plus de la moitié des 8,5 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Autant dire que les projets d’investissement des Chinois dans la région génèrent de nombreux espoirs.

Région montagneuse et pauvre, le Baloutchistan se sent laissé pour compte par le pouvoir d’Islamabad.
Depuis l’indépendance de 1947, quatre conflits majeurs ont secoué la région. La revendication d’un Baloutchistan indépendant a connu son apogée dans les années 70, lorsque le Bangladesh (à l’époque Pakistan oriental) a obtenu son indépendance. Cette insécurité permanente explique en partie le sous développement économique de la région.

Calme relatif
Depuis 2010, la rébellion a subi de nombreux revers. L’armée pakistanaise est d’ailleurs accusée de nombreuses exactions. Pour Akbar Durrani, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, le calme est revenu. Selon lui, 600 rebelles ont déposé les armes depuis le plan d’amnistie lancé en 2015. «Nous avons rétabli la paix dans 95% du Baloutchistan» a-t-il affirmé à l’AFP.

Un retour au calme indispensable pour permettre les investissements annoncés dans le projet de couloir économique sino-pakistanais (CPEC). Il représente une enveloppe de 46 milliards de dollars, essentiellement supportée par la Chine. La vocation de ce corridor long de 2000 km est de relier la Chine à la mer d’Arabie par une autoroute, une voie ferrée, des gazoducs, un réseau de fibre optique.
 
Les projets chinois
En effet, la Chine a obtenu en 2012 la gestion et le développement du port de Gwadar (article payant). Un débouché sur la mer d’Arabie que le géant chinois entend bien développer. Car la Chine ne veut plus être aussi tributaire du détroit de Malacca, où transite notamment 60% de ses importations d’hydrocarbures. En utilisant une voie terrestre, le pétrole débarqué à Gwadar pourrait remonter vers Kashgar dans le Xinjiang, empruntant ainsi l’historique route de la soie.
 
Malgré les déclarations optimistes, tant du côté pakistanais que chinois, le projet de CPEC est une cible pour les indépendantistes qui s’en sont pris à des infrastructures, mais aussi à des ingénieurs chinois travaillant sur le terrain. Le projet n’obtiendra une pleine adhésion que si la population locale est pleinement associée aux retombées économiques attendues.
 

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