Saad Ali, le jeune Pakistanais qui rêve de la Formule 1

Saad ali

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Saad Ali, 28 ans, est en passe de devenir le premier Pakistanais à rejoindre le club très restreint des pilotes de Formule 1. Un destin inattendu dans un pays qui vit au rythme du cricket et qui ne possède même pas de circuit de course. Si quelques obstacles, dont l’apport financier considérable exigé par le sport automobile, freinent encore le Pakistanais, Saad Ali croit dur comme fer en son rêve : concourir un jour contre les plus grands pilotes du monde.

Certains projets semblent irréalisables. Celui de Saad Ali, jeune Pakistanais de 28 ans, paraissait utopique. Car son rêve est de devenir pilote de Formule 1, dans un pays dépourvu de circuit de course et où le cricket règne en roi auprès du public et des sponsors. “Enfant, j’ai toujours été intéressé par les voitures, mais il n’y avait pas de courses au Pakistan. Elles n’étaient même pas diffusées à la télévision”, raconte-t-il.
Pourtant, Saad Ali est en pole position pour devenir le tout premier Pakistanais à intégrer le cercle très fermé des pilotes d’élite, qui ne compte actuellement que 22 membres. La chance a commencé à lui sourire lorsqu’il s’est classé deux fois troisième en un week-end lors d’une course de Formula Gulf 1000 à Abu Dhabi, en 2014.
DEUX MILLIONS DE DOLLARS À TROUVER

Il lui reste toutefois trois étapes à franchir avant de pouvoir accéder au Graal des pilotes. Saad Ali doit s’imposer dans l’univers de la Formule 3 et des championnats GP2 et GP3, considérés comme des étapes obligées sur la route de la F1. “Arriver jusque-là est extrêmement dur, extrêmement difficile, extrêmement compétitif”, souligne-t-il.
Et cela coûte très cher, dans un milieu brassant des milliards de dollars : “Je n’ai pas d’équipe, je suis tout seul”, explique Ali. Le Pakistanais engage pour chaque course une équipe qui lui fournit une voiture, mais aussi des ingénieurs et des techniciens spécialisés. S’il a pu se passer de sponsors jusqu’ici, ce fils de militaire estime qui lui faudra lever environ deux millions de dollars dans les trois ou quatre prochaines années pour intégrer la F1. “Pour les sports mécaniques, il faut cette expertise, ces techniciens, ces infrastructures. Il faut toute cette architecture pour vraiment arriver à quelque chose”, insiste-t-il.
DANS LA VOITURE, UN “SENTIMENT EXTRÊME DE CLAUSTROPHOBIE”

Ali n’a commencé à s’intéresser aux courses automobiles qu’en entrant à l’université, en 2006, à Islamabad. “Je ne savais vraiment rien car personne au Pakistan n’avait jamais été pilote de course professionnel.” En l’absence de circuit, les jeunes Pakistanais organisent des courses sauvages en plein nuit dans les grandes villes du pays. “La première chose dont nous avons besoin est un circuit de course, estime Saad Ali. Les gens qui font de la course sur les routes les utiliseront et leur besoin de vitesse pourra s’exprimer de manière très sûre.”
Abandonnant ses études, Ali se tourne vers un centre spécialisé situé à Bahreïn, le Formula BMW Racing Center (FBRC) Bahrain, qui forme de jeunes aspirants pilotes à l’art de la course automobile. “Au bout de trois jours d’entraînement, j’ai participé au championnat de l’école”, se souvient-il. Il souffre alors d’un “sentiment extrême de claustrophobie” : “Lorsque vous vous asseyez dans une voiture et que vous mettez votre casque, vous ne pouvez pas bien respirer”, raconte-t-il. Ses ceintures de sécurité, extrêmement serrées, lui scient les épaules et lui bloquent les poumons.
Ces réserves initiales sont désormais loin derrière lui. Aujourd’hui, Saad Ali se concentre sur son rêve : celui de concourir aux côtés de champions comme Sébastien Vettel ou Lewis Hamilton.

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